Les dernières années
Ingres, qui prend soudainement
conscience de son âge, s'occupe désormais de rester dans les
mémoires : en témoignent les dons faits au musée de Montauban,
l'abandon de la direction de l'Académie des Beaux-Arts (Ingres
devient recteur), l'exécution d'un recueil de gravures
reproduisant son uvre. Le peintre continue ensuite son
uvre de portraitiste. C'est en 1852 que se produit pour
l'artiste un nouveau bouleversement, à savoir son mariage avec
Delphine Ramel, rencontrée grâce à la complicité des amis du
peintre. Ayant à nouveau quelqu'un pour veiller sur lui, Ingres
retrouve un certain équilibre, que l'avènement de l'Empire ne
vient pas remettre en question.
Dans le domaine artistique, Ingres si
âgé soit-il, a entrepris d'ajouter, depuis 1848, une pièce
maîtresse à son uvre, Le Bain Turc, dont nous reparlerons. Il s'agit là de sa
dernière grande création, ne se chargeant ensuite que de
retoucher ses anciennes pièces, dans le cadre d'une perpétuelle
recherche de la perfection.
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Ingres prépare également son
testament, dont les legs sont essentiellement destinés
à sa femme et à sa ville natale. Le peintre s'éteint
le 14 janvier 1867. Acte de décès d'Ingres |
L'existence d'Ingres semble
avoir été globalement assez tranquille : pas de remous
sentimentaux, pas de relations excessivement orageuses avec son
entourage... Sa vie s'est trouvée animée seulement par son
uvre, ponctuée par ses échecs et ses succès. Son art est
également dépourvu de soubresauts, suivant au contraire un
cheminement continu. Ingres apparaît avant tout comme un homme
fidèle, à ses amis, sa famille, ses inspirateurs, sa propre
peinture. Même si son caractère orgueilleux, susceptible, a
parfois rendu l'homme antipathique, on ne peut pas oublier la
sollicitude apportée à ses élèves et l'âme sensible, aux
larmes presque faciles, qu'on découvre facilement derrière le
masque classique qu'ont revêtu à la fois l'homme et sa
peinture.