home.gif (1694 octets) Index Les figures de l'Ancien Textament
dans la peinture française du XVIIe siècle

 

Valentin de Bologne

 

Il s’agit d’un peintre caravagesque. Cela est visible dans l’organisation de la peinture, dans le cadrage très serré (personnages très proches) et dans l’éclairage très contrasté qui laisse subsister de grandes zones d’ombre.
Valentin de Bologne est avec Poussin le seul peintre français à s’être vu commander des tableaux pour Saint Pierre de Rome.

Le jugement de Salomon, 1675

L’histoire. Deux prostituées avaient accouché à quelques jours d’intervalle. L’une d’elle perd son enfant. Pendant la nuit, elle va substituer à l’enfant vivant de l’autre femme son enfant mort. Le lendemain l’autre femme en appelle au jugement de Salomon. En l’absence de preuve, celui-ci ordonne de couper en deux l’enfant vivant afin que chacune en ait une moitié. L’une des deux femmes le supplie d’épargner l’enfant, préférant le laisser à sa comparse. Salomon reconnaît à cette réaction la vraie mère et justice est rendue.

Salomon, vêtu de bleu et drapé dans un tissu brun et doré, siège sur son trône au centre du tableau. Ses pieds reposent sur un coussin rouge. Celui-ci tend la main droite vers l’enfant vivant en donnant l’ordre. L’enfant mort est à ses pieds. La fausse mère, à gauche, tient l’autre enfant qu’un soldat est en train de lui arracher. De l’autre main, il tient l’épée qui doit trancher le nouveau-né. La vraie mère, à droite, a les mains croisées sur sa poitrine. Son visage est à la fois douloureux et résigné : elle a confiance en Salomon.

On peut noter que le roi est représenté comme un tout jeune homme, alors que la sagesse est généralement associée à un âge avancé. Ici la jeunesse peut se combiner à la sagesse parce que Salomon est inspiré par Dieu.

 

L’innocence de Suzanne reconnue, 1675

L’histoire. Suzanne était l’épouse d’un homme riche. Elle avait coutume de se baigner dans son jardin. Un jour qu’elle est au bain, deux vieillards la surprennent et veulent la contraindre à se donner à eux (c’est ce passage qui est le plus fréquemment illustré dans la peinture). Devant son refus, ils la menacent de l’accuser d’adultère. Or, selon la loi judaïque, deux témoignages semblables constituent une preuve. Se sentant perdue, Suzanne appelle au secours. Les deux vieillards mettent leur menace à exécution. Suzanne est condamnée à être lapidée. C’est alors qu’intervient Daniel (dont le nom signifie Dieu est mon juge). Le jeune garçon confond les vieillards en les interrogeant séparément et innocente ainsi Suzanne.

Ici Daniel siège sur un trône dont les accoudoirs représentent des lions : cette position royale, qui ne correspond pas au texte biblique, signifie en fait que le jeune homme possède la sagesse divine. Suzanne est encadrée par un des vieillards et un soldat. Ses mains sont croisées sur sa poitrine sont visage est triste. Devant elle ses enfants montrent leur chagrin, destiné à attendrir le spectateur. Le visage des vieillards est buriné, ridé, assez laids : ce type de représentation rappelle le préjugé de l’époque selon lequel la figure était le reflet du cœur.