Montju´c

 

 

Retour vers Barcelona

La "montagne des Juifs" permet de dominer à la fois la ville et le port. Elle fut le site d'une exposition universelle en 1929 (se reporter à l'excellent roman d'Eduardo Mendoza, La ville des prodiges). Elle fut également le théâtre des Jeux Olympiques de 1992 (stade Olympique, esplanade de l'anneau olympique...). Actuellement, on y trouve l'exceptionnel M.N.A.C. (Museu Nacional d'Art de Catalunya), et la moins exceptionnelle Fundaciò Miro.

Le MNAC

Les petites églises de Catalogne et d'Aragon regorgeaient de chefs-d'oeuvre romans et gothiques qu'elles n'étaient pas toujours en mesure de protéger. Le MNAC a donc accueilli tous ces trésors (ce qui a peut-être eu pour contrecoup d'apprauvrir la région au profit de Barcelone).

Le musée présente deux collections majeures, l'une d'art roman (la plus importante du monde) et l' autre d'art gothique.

La collection d'art roman

Un incroyable et délicat travail de récupération des fresques murales romanes a été effectué. Elles sont aujourd'hui présentées dans leurs volumes initiaux reconstitués (voûtes, chapelles,...).

Outre les fresques, on peut voir des statues (d'une qualité égale à celle de Sant Joan de los Abadesses) et des retables. Les couleurs sont éclatantes.

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Les dessins témoignent d'une forte influence byzantine (stylisation des visages, dessins cernés de noir).On peut remarquer que les thèmes traités à cette époque sont finalement assez peu variés (Christ en majesté entouré d'apôtres,...).
Néanmoins, la palette des thèmes s'élargit avec l'introduction de martyres de plus en plus diversifiés (tendance qui s'amplifiera et deviendra plus complexe dans l'art gothique). Un rassemblement d'oeuvres aussi exceptionnel ne se retrouve qu'à San Isodoro (avec l'immense avantage de présenter un ensemble complet in situ). cliquez pour agrandir

La collection d'art gothique

Si la transition entre les deux mouvements est lente (et pas toujours immédiatement perceptible aux yeux inexperts dans les toutes premières oeuvres), les différences s'affirment finalement très nettement.

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liquez pour agrandir Les architectures deviennent de plus en plus complexes au sein des tableaux. Les visages sont plus grand réalistes.Là encore les collections sont admirables : il est rare de voir réunie une telle somme d'oeuvres de cette époque. On trouve d'exceptionnels retables avec un grand raffinement dans la représentation des martyres très divers.

Deux petits reproches : l'excès de régionalisme d'une part. Si quelques panneaux sont traduits en anglais, aucune des étiquettes qui accompagnent les tableaux ne sont traduites ne serait-ce qu'en castillan.Le faible choix de reproductions offert par la librairie d'autre part. D'excellents guides existent, mais ils sont assez chers (d'autant plus qu'il en faut deux pour couvrir toutes les collections) et les reproductions sont toutes petites. Comme il est interdit de prendre des photos, il ne reste plus qu'à prier pour avoir une bonne mémoire. C'est dommage de ne pouvoir garder plus de souvenir de ces merveilleuses collections.

 

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La Fundacio Joan Miro

La fondation est plutôt decevante (surtout après le MNAC), tout simplement parce que les plus belles pièces de l'artiste n'y sont pas (on en trouve quelques unes au Centro de Arte de la Reina Sofia, à Madrid, à Beaubourg également). Les pièces les plus intéressantes sont les sculptures et une gigantesque tapisserie. Le musée permet de voir l'évolution artistique de Miro (avec des périodes plus ou moins attirantes) mais l'ensemble manque singulièrement de ces splendides "miroglyphes" colorés qu'on attend chez le maître.